Ministère de l'Environnement
et de la Lutte contre les changements climatiques
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Portrait régional de l’eau

Montérégie (Région administrative 16)

1. Portrait socio-économique de la région

2. Portrait quantitatif de la ressource (eau de surface)

2.1 Rivières
2.2 Lacs

2.3 Barrages

3. Portrait qualitatif de l’eau de surface

3.1 Qualité de l’eau des rivières
3.2 Problématiques particulières liées à la qualité de l’eau

3.3 Références des publications les plus récentes


1. Portrait socio-économique de la région

D’une superficie de 11 176 km2, la région administrative de la Montérégie s’intègre dans la partie méridionale des basses-terres du Saint-Laurent qui comprend, en particulier, la vallée du Richelieu jusqu’à Sorel. Au sud-ouest, elle englobe le delta de Vaudreuil-Soulanges, encastré entre l'Outaouais et le Saint-Laurent. À l'est, elle s’étend jusqu'à la région de l'Estrie.

Source : Carte tirée de l'Atlas du Québec et de ses régions à l'adresse Internet : http://www.atlasduquebec.qc.ca

Source : Carte tirée de l’Atlas du Québec et de ses régions à l’adresse Internet : http://www.atlasduquebec.qc.ca

La région de la Montérégie se caractérise surtout par son relief plat, entrecoupé çà et là, dans la partie centrale, de montagnes sans piedmont, les collines montérégiennes, qui tirent leur nom du mont Royal et donnent le sien au territoire. La région, au deuxième rang des régions du Québec pour sa population, compte 1 311 320 personnes réparties dans 204 municipalités, elles-mêmes regroupées dans 15 MRC. Elle comprend également 2 réserves amérindiennes : Kahnawake et Akwesasne.

L'activité économique de la région est intense et diversifiée. L'agriculture occupe le premier rang avec près du quart des fermes et de l’emploi agricole du Québec. Le territoire agricole (incluant les boisés) représentait, en 1997, 63,8 % de la région de la Montérégie. Le territoire forestier couvrait quant à lui, en 1995, 35,5 % du territoire, dont 98 % en forêt privée et 2 % en forêt publique.

Au plan industriel, on trouve une structure manufacturière importante qui comprend, entre autres, des entreprises dans les secteurs de l’agroalimentaire, de la métallurgie primaire et de la transformation des métaux, de la chimie et du textile. En 1998, la région de la Montérégie comptait 2 321 établissements manufacturiers, et 67 établissements miniers étaient en exploitation en 1997. Selon le Plan d’action Saint-Laurent, 22 des 50 industries jugées prioritaires au Québec sont situées en Montérégie.

Tableau 1.1 : Population par division administrative

Division administrative

Population
(2000)

MRC Acton

15 714

MRC Beauharnois-Salaberry

60 505

MRC Brome-Missisquoi

46 831

MRC Champlain

319 392

MRC La Haute-Yamaska

80 547

MRC La Vallée-du-Richelieu

122 464

MRC Lajemmerais

102 764

MRC Le Bas-Richelieu

52 127

MRC Le Haut-Richelieu

101 669

MRC Le Haut-Saint-Laurent

22 783

MRC Les Jardins-de-Napierville

23 868

MRC Les Maskoutains

79 849

MRC Roussillon

139 941

MRC Rouville

31 472

MRC Vaudreuil-Soulanges

101 324

Tableau 1.2 : Caractéristiques territoriales et socio-économiques de la région

Caractéristique

Donnée

Population totale1 (habitants)

1 311 320

(2000)

Superficie du territoire2 (km2)

11 176

(1996)

Nombre de MRC2

15

(1998)

Nombre de municipalités et territoires équivalents1

206

(2000)

Nombre d’établissements manufacturiers3

2 321

(1998)

Nombre d’établissements miniers* en exploitation4

67

(1997)

Pourcentage du territoire en forêt4 (%)

35,5

(1995)

Pourcentage du territoire en agriculture5 (%)

63,8

(1997)

Taux de chômage6 (%)

9,3

(1997)

Revenus moyens totaux des particuliers2 ($)

25 978

(1996)

Emplois2 : secteur primaire (%)
secteur secondaire (%)
secteur tertiaire (%)

3,5
26,7
69,8

(1997)
(1997)
(1997)

* : Incluant les carrières, les sablières et les tourbières.

Sources : 

  1. Ministère des Affaires municipales et de la Métropole. 
  2. Institut de la statistique du Québec.
  3. Centre de recherche industrielle du Québec.
  4. Ministère des Ressources naturelles.
  5. Statistique Canada.
  6. Emploi-Québec.

Table des matières

2. Portrait quantitatif de la ressource (eau de surface)

2.1 Rivières

Outre le fleuve Saint-Laurent et la rivière des Outaouais, qui longent le nord de la région de la Montérégie, les principales rivières de la région, tributaires du fleuve, sont les rivières Richelieu, Yamaska et Châteauguay. Ces rivières ont toutes un bassin versant supérieur à 2 000 km2, et c’est le Richelieu dont le bassin a la plus grande superficie. Pour connaître les délimitations de certains bassins versants de la région, on peut consulter la carte relative à la qualité de l’eau à la section 3 de ce document. Les caractéristiques hydrologiques des principales rivières de la région sont présentées au tableau 2.1.

Tableau 2.1 : Caractéristiques hydrologiques des principales rivières de la région

Rivière

Débit moyen
(m3/s)

Débit maximal
(m3/s)

Débit minimal
(m3/s)

Station1 de mesure

Années observées
(nb)

Période observée

Richelieu

341,0

1 260

39,9

030401

59

1937-1996

Yamaska

49,5

886

0,90

030341

13

1983-1996

Châteauguay

37,0

756

0,71

030905

26

1970-1996

Noire

10,6

196

0,013

030339

15

1981-1996

des Anglais

8,1

254

0,053

030907

23

1973-1996

aux Brochets

6,6

180

0,001

030420

17

1979-1996

David

5,2

173

0,008

030316

27

1969-1996

des Hurons

4,7

193

0,033

030415

23

1973-1996

L’Acadie

3,89

123

0,031

030421

17

1979-1996

Ruisseau Norton

3,3

82,1

0,019

030915

10

1979-1989

Source : Direction du milieu hydrique, ministère de l’Environnement.

1. Il faut consulter l’annuaire hydrologique 1994-1995 du ministère de l’Environnement pour connaître l’endroit exact de la station de mesure.

2.2 Lacs

Le tableau 2.2 présente les lacs les plus connus de la région, avec leur superficie et leurs principales vocations ou utilisations. Le lac des Deux Montagnes, formé par la rivière des Outaouais, ainsi que les lacs Saint-François, Saint-Louis et Saint-Pierre, formés par le fleuve Saint-Laurent, bordent la région de la Montérégie. La partie québécoise du lac Champlain, qui correspond à une partie de la baie Missisquoi) et représente 3 % de la superficie du lac, est aussi située sur son territoire. Les réservoirs Boivin et Choinière (rivière Yamaska) et Davignon (rivière Yamaska Sud-Est) sont des plans d’eau artificiels créés à même le lit de la rivière. Par ailleurs, aux monts Rougemont et Yamaska se trouvent respectivement les sources d’eau potable pour les municipalités de Saint-Damase et de Saint-Pie. La région compte d’autres lacs, de moindre superficie. On peut consulter le ministère de l’Environnement pour connaître leurs caractéristiques.

Tableau 2.2 : Vocation et utilisation des principaux lacs de la région

Lac

Superficie
(km2)

Vocation/Utilisation

Saint-Pierre

362,60

Villégiature, navigation, sports nautiques, pêche, chasse à la sauvagine

Saint-François

239,83

Villégiature, navigation, baignade, sports nautiques, pêche, chasse à la sauvagine

Deux Montagnes, des

149,96

Villégiature, navigation, sports nautiques, pêche, chasse à la sauvagine

Saint-Louis

147,11

Villégiature, navigation, baignade, sports nautiques, pêche, chasse à la sauvagine

Champlain
(baie Missisquoi)

39,00

Source d’eau potable pour les municipalités de Bedford et Saint-Armand, villégiature, navigation, baignade, sports nautiques, pêche, chasse à la sauvagine

Brome

14,53

Villégiature, baignade, sports nautiques, pêche, chasse à la sauvagine

Choinière (réservoir)

4,70

Source d’eau potable de la ville de Granby, baignade, sports nautiques, pêche, conservation (parc de la Yamaska), activités d’interprétation

Bassin de Chambly

4,61

Source d’eau potable pour la ville de Carignan, sports nautiques, pêche

Roxton

1,79

Baignade, sports nautique, pêche

Boivin (réservoir)

1,61

Source d’eau potable de la ville de Granby, sports nautiques (sauf la baignade)

Waterloo

1,50

Activités récréotouristiques, pêche

Davignon

1,20

Source d’eau potable de la ville de Cowansville, baignade, sports nautiques, pêche

Selby

1,11

Baignade, sports nautiques

Bromont

0,41

Villégiature, pêche, baignade, sports nautiques

Hertel

0,32

Source d’eau potable pour la municipalité de Saint-Jean-Baptiste et d’une partie de Mont-Saint-Hilaire, conservation (Centre de la nature du Mont-Saint-Hilaire), activités d’interprétation

Coupland

0,12

Source d’eau potable complémentaire de la ville de Granby

Mont Saint-Bruno

Lac Seigneurial
Lac des Bouleaux
Lac du Moulin
Lac à la Tortue
Lac des Atocas

 

0,40
0,12
0,12
0,02
0,01

Lacs reliés en réseau
Source d’eau potable d’une petite partie de la municipalité de Saint-Bruno-de-Montarville, conservation (parc du Mont-Saint-Bruno), activités d’interprétation, pêche (lac Seigneurial)

Source : Direction du milieu hydrique et Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Environnement.

2.3 Barrages

Des 303 barrages érigés dans la région de la Montérégie, 40,3 % servent à des fins de villégiature et 76,9 % sont des propriétés privées. Pour plus de détails, on peut consulter le tableau A.1 en annexe.

Parmi ces barrages, une quinzaine ont une hauteur de plus de 10 mètres. Le plus haut fait partie de l’aménagement Beauharnois situé sur le fleuve Saint-Laurent. Il mesure 21 mètres de haut et est exploité par Hydro-Québec dans le but de produire de l’électricité. Le barrage des Cèdres, aussi situé sur le fleuve Saint-Laurent et exploité par Hydro-Québec à des fins hydroélectriques, a une hauteur de 20 mètres. Enfin, le ministère de l’Environnement est propriétaire du barrage Choinière situé sur la rivière Yamaska Nord. D’une hauteur de 20 mètres, il est utilisé à des fins d’approvisionnement en eau, de récréation et du contrôle des inondations.

Le réservoir le plus volumineux est formé par la retenue du barrage de l’aménagement Beauharnois. Ce barrage retient 1,5 milliard de mètres cubes d’eau sur le fleuve Saint-Laurent. Par ailleurs, la municipalité de Lac-Brome est propriétaire d’un barrage qui forme un réservoir de 55 millions de mètres cubes d’eau. Enfin, le réservoir du barrage Choinière contient 28 millions de mètres cubes d’eau. Le niveau de plusieurs autres lacs et réservoirs est géré par des barrages municipaux, dont le réservoir Boivin et les lacs Bromont, Davignon, Waterloo et Selby.

Une attention particulière doit être portée aux conflits d’usage dans la gestion des barrages. C’est le cas du réservoir Boivin, propriété de la Ville de Granby. L’arrêt ou une réduction importante du débit de la rivière Yamaska qui l’alimente peut avoir un impact majeur sur la qualité de l’eau et la vie aquatique en aval, où sont localisés les stations de surverses et les rejets de la station de traitement des eaux usées de la municipalité. Une situation similaire existe aussi pour le barrage du lac Davignon à Cowansville.

Table des matières

3. Portrait qualitatif de l’eau de surface

3.1 Qualité de l’eau des rivières

La carte qui suit illustre la qualité de l’eau mesurée au cours des étés 1995 à 1997 aux stations d’échantillonnage du ministère de l’Environnement situées dans la région administrative de la Montérégie. Les résultats ont été obtenus à partir de l’indice bactériologique et physico-chimique de l’eau (IQBP), qui intègre les neuf indicateurs suivants : azote ammoniacal, chlorophylle a, coliformes fécaux, demande biochimique en oxygène, matières en suspension, nitrites et nitrates, phosphore total, saturation en oxygène et turbidité.

Carte 3.1 : Qualité de l’eau des rivières de la région de la Montérégie

Carte 3.1 : Qualité de l’eau des rivières de la région de la Montérégie

La qualité de l’eau d’une rivière est directement liée aux activités qui ont lieu dans son bassin hydrographique. Le tableau 3.1 présente, pour les 3 principaux bassins, les pressions de pollution les plus significatives : la superficie cultivée, la densité animale, le nombre d’industries avec rejets au cours d’eau, la population totale, le pourcentage de cette population qui est raccordée à un réseau d’égouts et le pourcentage de cette même population qui est desservie par une station municipale d’épuration des eaux usées.

Au Québec, c’est en Montérégie qu’on trouve les cours d’eau les plus contaminés par la présence de pesticides, tant pour le nombre de produits présents que pour les concentrations. Les produits détectés sont surtout des herbicides utilisés en grandes cultures (maïs, soya), mais on trouve aussi des pesticides reliés à diverses autres cultures, telles que les cultures maraîchères et les vergers. Plusieurs pesticides (herbicides ou insecticides) sont présents en concentrations qui dépassent les critères établis pour la protection de la vie aquatique, ce qui peut affecter les espèces qui vivent dans ces cours d’eau.

Les problématiques particulières sont présentées par bassin versant à la section 3.2. Une liste des publications récentes du ministère de l’Environnement se rapportant aux rivières de la région est incluse à la section 3.3.

Tableau 3.1 : Synthèse des données de pression de pollution par bassin hydrographique

Bassin

Superficie du bassin
(km2)

Superficie cultivée1
(%)

Cheptel1
(u.a. par hectare cultivé)

Industries avec rejet au cours d’eau2
(nb)

Population totale
(nb)

Population desservie par3 :

un réseau d’égouts
(%)

une station d’épuration
(%)

Yamaska

4 784

43,3

1,5

110

236 000

61,4

59,7

Richelieu4

3 874

44,0

0,7

50

295 943

69,2

31,8

Châteauguay4

1 450

50,0

0,5

25

82 881

71,4

50,4

  1. Source : Dernier recensement quinquennal disponible de Statistique Canada (1996).
  2. Industries raccordées à un réseau d’égouts et celles dont les effluents sont rejetés directement au cours d’eau.
  3. Source : Ministère des Affaires municipales et de la Métropole, Service du suivi de l’exploitation, décembre 1998.
  4. Portion québécoise du bassin versant seulement.

u.a. : unités animales. Le cheptel est rapporté en unités animales, c’est-à-dire l’équivalent d’un poids de 500 kg. À titre d’exemple, une unité animale équivaut à une vache ou 4 truies ou 125 poules ou 1 500 cailles, etc. (Règlement sur la réduction de la pollution d’origine agricole).

3.2 Problématiques particulières liées à la qualité de l’eau

3.2.1 Rivière Yamaska

La qualité bactériologique et physico-chimique de l’eau de la rivière Yamaska et de ses affluents se révèle mauvaise ou très mauvaise sur presque toute leur longueur, comme l’indique l’IQBP. Bien que la qualité de l’eau se soit améliorée entre 1979 et 1997, la rivière Yamaska demeure le plus pollué des affluents principaux du fleuve Saint-Laurent pour ce qui est des paramètres conventionnels. De plus, les communautés d’organismes aquatiques montrent des signes évidents de perturbation et les poissons sont contaminés à certains endroits. Ce constat survient malgré le fait que la première vague des interventions d’assainissement urbain et industriel soit pratiquement terminée, et malgré la construction de structures adéquates d’entreposage des déjections animales dans un grand nombre d’entreprises agricoles. Les problèmes de qualité de l’eau sont le reflet de la forte occupation agricole du territoire et sont liés, entre autres, à la surfertilisation des terres agricoles par le fumier et les engrais minéraux, à l’érosion et à l’utilisation de pesticides. C’est notamment dans les rivières Yamaska, Chibouet, Salvail, David, à la Barbue et Noire, ainsi que dans les ruisseaux Corbin et Déversant-du-Lac, que divers pesticides ont été identifiés. En plus de l’agriculture, les pressions urbaines et industrielles génèrent des substances toxiques (métaux, substances organiques, pesticides, etc.), notamment à Granby et à Saint-Hyacinthe.

3.2.2 Rivière Richelieu

Bien que le Richelieu soit en bonne condition en certains endroits, il subit néanmoins des agressions tout au long de son parcours, ce qui altère sa qualité globale. L’indice de qualité de l’eau (IQBP) ne permet d’appréhender qu’une partie des problèmes qui affectent les cours d’eau, soit la pollution telle que mesurée par les descripteurs physico-chimiques conventionnels (azote, phosphore, matière organique, coliformes fécaux, etc.). À cette pollution, qui provient en grande partie des rejets urbains et industriels non traités et des activités agricoles, s’ajoute la pollution par des substances toxiques (métaux, substances organiques, pesticides, etc.), qui provient surtout des rejets industriels et des pratiques agricoles et, dans certains cas, des rejets municipaux traités qui reçoivent des effluents industriels. L’utilisation de traceurs de substances toxiques a permis de détecter un nombre élevé de substances à plusieurs endroits, notamment en aval de Saint-Jean-sur-Richelieu, de Chambly et de McMasterville de même que dans les rivières des Hurons et L’Acadie et dans le ruisseau Beloeil. Puisque certaines de ces substances pourraient être à l’origine des baisses perçues dans l’indice d’intégrité des communautés biologiques (benthos et poissons), l’identification précise de leurs sources devra faire l’objet d’autres études. Par ailleurs, c’est en particulier dans les rivières des Hurons et L’Acadie et, dans la rivière Richelieu, en amont du bassin de Chambly et dans le secteur de Saint-Ours, que des concentrations significatives de pesticides ont été détectées.

3.2.3 Rivière Châteauguay

La qualité de l’eau de la rivière Châteauguay, assez bonne à la frontière américaine, se dégrade petit à petit, tout au long de son parcours, jusqu’à son embouchure. Les sources de pollution sont variées. Outre les problèmes de pollution par les polluants conventionnels mis en évidence dans le calcul de l’indice de qualité de l’eau (IQBP), lesquels découlent largement des activités agricoles et de la pollution résiduelle d’origine urbaine, d’autres problèmes ont été identifiés en relation avec la présence de substances toxiques (métaux, substances organiques, pesticides, etc.). Ces substances proviennent des rejets industriels et des pratiques culturales (pesticides). C’est surtout en aval de Huntingdon, dans la rivière de l’Esturgeon et, dans une moindre mesure, en aval de Sainte-Martine et de Châteauguay que des traces de substances toxiques ont été détectées. Par ailleurs, des concentrations significatives de pesticides associés à la culture du maïs ont été mesurées dans la rivière aux Fèves et à l’embouchure de la rivière Châteauguay, et un produit de dégradation du DDT – un insecticide – a été détecté dans la rivière de l’Esturgeon. Cette dernière rivière est du reste une source de substances toxiques organiques pour la rivière Châteauguay. L’origine exacte de ces substances devra toutefois faire l’objet d’une étude, puisqu’il existe 2 sources potentielles, soit le site de déchets dangereux situé dans la ville de Mercier et une usine du secteur de la chimie.

3.2.4 Fleuve Saint-Laurent

Dans la région, la qualité de l’eau du fleuve Saint-Laurent est bonne jusqu’à la hauteur de l’île de Montréal, mais se détériore par la suite. Les principaux problèmes et pertes d’usage affectent la masse d’eau occupant le centre du fleuve et celle qui longe la rive nord. Ils sont liés à la contamination bactériologique provenant des débordements occasionnels d’eaux usées non traitées des nombreux ouvrages de surverses et des rejets des stations de traitement des eaux usées de la Communauté urbaine de Montréal et de Longueuil. Ces deux stations de traitement, bien que dotées d’un système de traitement physico-chimique de leurs eaux usées, ne leur font subir aucune désinfection avant de les rejeter dans le fleuve. La contamination bactériologique issue de ce secteur commence à s’estomper dans le lac Saint-Pierre, mais persiste jusqu’à la hauteur de Gentilly, à 125 km en aval de Montréal.

3.2.5 Lacs et réservoirs

Les quelques lacs de la région de la Montérégie ne sont pas acides. Par contre, en ce qui concerne la chair de poisson, la norme de mercure pour consommation humaine de 0,5 mg/kg est dépassée dans respectivement 64 % et 100 % des dorés de moyenne et grande taille. Elle est aussi dépassée dans respectivement 68 % et 67 % des brochets de moyenne et grande taille. Pour connaître les recommandations de consommation, on peut se référer au Guide de consommation du poisson de pêche sportive en eau douce, réalisé conjointement par le ministère de l’Environnement et le ministère de la Santé et des Services sociaux, et au dépliant Connaissez-vous les Oméga 3?, réalisé conjointement par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, le ministère de l’Environnement et le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Par ailleurs, certains lacs et réservoirs de la région présentent des problèmes d’eutrophisation, dont les lacs Roxton, Selby et Waterloo, la baie Missisquoi du lac Champlain ainsi que les réservoirs Boivin et Choinière.

3.3 Références des publications les plus récentes

Berryman, D. et I. Giroux, 1994. La contamination des cours d’eau par les pesticides dans les régions de culture intensive de maïs au Québec, campagnes d’échantillonnage de 1992 et 1993, Québec, Ministère de l’Environnement et de la Faune, Direction des écosystèmes aquatiques, Envirodoq EN940594, rapport no PES-4, 134 p., 5 annexes.

Giroux, I., 1999. Contamination de l’eau par les pesticides dans les régions de culture de maïs et de soya au Québec, Campagnes d’échantillonnage de 1996, 1997 et 1998, Québec, Ministère de l’Environnement, Direction des écosystèmes aquatiques, Envirodoq EN990149, rapport no QE-118, 24 p., 5 annexes.

Giroux, I., 1998a. Suivi environnemental des pesticides dans des régions de vergers de pommiers, Rapport d’échantillonnage de petits cours d’eau et de l’eau souterraine au Québec en 1994, 1995 et 1996, Québec, Ministère de l’Environnement et de la Faune, Direction des écosystèmes aquatiques, Envirodoq EN980361, QE-115, 21 p., 3 annexes.

Giroux, I., 1998b. Impact de l’utilisation des pesticides sur la qualité de l’eau des bassins versants des rivières Yamaska, L’Assomption, Chaudière et Boyer, Québec, Ministère de l’Environnement et de la Faune, Direction des écosystèmes aquatiques, réalisé dans le cadre de Saint-Laurent Vision 2000, Envirodoq EN980182, PES-11, 20 p., 3 annexes.

Giroux, I., M. Duchemin et M. ROY, 1997. Contamination de l’eau par les pesticides dans les régions de culture intensive de maïs au Québec; Campagnes d’échantillonnage de 1994 et 1995, Québec, Ministère de l’Environnement et de la Faune, Direction des écosystèmes aquatiques, Envirodoq EN970099, rapport no PES-8, 54 p., 6 annexes.

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, 1998. Le bassin de la rivière Yamaska : l'état de l'écosystème aquatique1998, Québec, Direction des écosystèmes aquatiques, 6 sections (document en préparation).

MINISTÈRE DE L’ENVIRONNEMENT, 1998. État de l'écosystème aquatique du bassin versant de la rivière Yamaska Synthèse 1998, Québec, Direction des écosystèmes aquatiques, 12 p.

PICHÉ, I. et M. SIMONEAU, 1998. Le bassin de la rivière Richelieu : profil géographique, sources de pollution, interventions d’assainissement et qualité des eaux dans Ministère de l’Environnement et de la Faune du Québec (éd.), Le bassin de la rivière Richelieu : l’état de l’écosystème aquatique – 1995, Québec, Direction des écosystèmes aquatiques, Envirodoq EN980604, rapport n° EA-13, section 1.

PRIMEAU, S., N. LA VIOLETTE, J. ST-ONGE et D. BERRYMAN, 1999. Le bassin de la rivière Yamaska : profil géographique, sources de pollution et interventions d’assainissement, dans Ministère de l’Environnement et de la Faune du Québec (éd.), Le bassin de la rivière Yamaska : l’état de l’écosystème aquatique, Québec, Direction des écosystèmes aquatiques (en préparation).

SIMONEAU, M., 1996. Qualité des eaux du bassin de la rivière Châteauguay, 1979 à 1994, Québec, Ministère de l’Environnement et de la Faune, Direction des écosystèmes aquatiques, Envirodoq EN960455, rapport n° QE-106, 82 p., 8 annexes.

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