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Code de gestion des pesticides

Le plan de réduction des pesticides sur les terrains de golf

Mise à jour : Décembre 2018

Sur les terrains de golf, au-delà de l’esthétisme, les golfeurs réclament une surface de jeu de qualité. L’entretien des terrains requiert parfois le recours aux pesticides et la mise en œuvre de diverses pratiques culturales telles que la fertilisation, l’aération, le terreautage et l’irrigation.

Selon les données du Bilan des plans de réduction des pesticides sur les terrains de golf pendant la période 2012-2014, l’utilisation des pesticides dans ce secteur atteint 136 300 kilogrammes d’ingrédients actifs (kg i.a.), ce qui représente un peu plus de 1 % des quantités totales vendues. Les fongicides sont les pesticides les plus utilisés, suivis par les herbicides, puis par les insecticides.

Les pesticides sont des produits toxiques pour les organismes nuisibles (insectes, maladies, etc.), mais ils peuvent également être nocifs pour les espèces vivantes non visées, y compris l’être humain. Leur application présente donc des risques d’exposition de la population et des risques de contamination de l’environnement.

L’objectif d’un plan de réduction des pesticides sur les terrains de golf est de réduire les risques pour la santé et l’environnement associés à l’utilisation des pesticides en diminuant les quantités de pesticides appliquées et en favorisant les produits les moins nocifs pour la santé et l’environnement par l’adoption de la lutte intégrée.

Article 73 du Code de gestion des pesticides
Lutte intégrée sur les terrains de golf


Article 73 du Code de gestion des pesticides

En vertu de l’article 73 du Code de gestion des pesticides, le propriétaire ou l’exploitant d’un terrain de golf qui y applique ou y fait appliquer un pesticide doit, tous les trois ans, transmettre au Ministère un plan de réduction des pesticides signé par un agronome.

Le plan de réduction des pesticides doit contenir les renseignements suivants :

1. L’identification du terrain de golf :

  • le nom du propriétaire ou de l’exploitant du terrain de golf et son adresse;
  • le nom du terrain de golf et son adresse;
  • le nom de la personne ou du titulaire de permis qui est responsable de l’application des pesticides et son adresse;
  • le nom du responsable de l’entretien des espaces verts du terrain de golf;
  • la superficie totale du terrain comprenant seulement les verts, les tertres de départ, les allées, les trappes de sable et les herbes longues, en hectare.

2. Les pesticides utilisés :

  • les quantités totales de pesticides appliquées annuellement au cours des trois années précédant la transmission du plan au ministre pour les catégories de pesticides suivantes, y compris la superficie traitée pour chacune de ces catégories :
    • les fongicides;
    • les insecticides;
    • les herbicides;
    • les rodenticides;
    • les autres pesticides;
  • le nom du pesticide utilisé pour chacune de ces catégories et son numéro d’homologation.

Puisque l’application des pesticides sur les terrains de golf est réalisée par le titulaire d’un permis, ces éléments devraient pouvoir être compilés à partir des registres d’utilisation des pesticides tenus par ces titulaires et exigés en vertu de l’article 52 du Règlement sur les permis et les certificats pour la vente et l’utilisation des pesticides.

3. Des objectifs de réduction de l’utilisation des pesticides pour les trois prochaines années, exprimés en pourcentage ou en quantité de produits, pour chacune des catégories de pesticides suivantes :

  • les fongicides;
  • les insecticides;
  • les herbicides;
  • les rodenticides;
  • les autres pesticides.

Le pourcentage de réduction par catégorie de pesticides doit être représentatif de ce qui peut réellement être fait pour réduire à un niveau minimal l’utilisation des pesticides sur le terrain de golf. Dès le premier plan de réduction, les efforts consentis doivent mobiliser l’ensemble des moyens pour réduire l’usage des pesticides sur le terrain. Les objectifs de réduction par catégorie de pesticides, dans les plans de réduction subséquents, s’appuieront sur ces résultats. Ainsi, il sera possible de déterminer des pourcentages de réduction des pesticides efficaces et réalistes. Pour ce faire, les responsables de l’entretien du terrain de golf doivent travailler de concert avec l’agronome responsable de la rédaction du plan de réduction.

4. Les méthodes d’observation, de suivi et de dépistage des organismes nuisibles ainsi que les données recueillies, les mesures préventives, les pratiques culturales et les moyens de lutte pour atteindre les objectifs de réduction des pesticides :

Il s’agit du diagnostic et du bilan des forces et des faiblesses des différentes superficies traitées et des recommandations formulées par l’agronome pour atteindre les pourcentages de réduction des pesticides établis par catégorie de pesticides sur une période de trois ans. Pour ce faire, en plus de ces observations, les données (l’historique du terrain, le dépistage des organismes nuisibles et l’évaluation des résultats à la suite des interventions) colligées par les responsables de l’entretien du terrain de golf sont essentielles.

5. Les mesures prises pour réduire la migration des pesticides à l’extérieur du site :

Il peut s’agir de la restauration des rives par l’implantation de végétation arbustive indigène, de zones tampons à respecter par rapport aux cours d’eau ou aux plans d’eau, d’un système de drainage vers un étang de rétention pour assurer la filtration de l’eau avant son rejet dans un cours d’eau, d’un programme de suivi des pesticides dans l’eau souterraine et de surface, de l’utilisation d’équipements antidérive lors de l’application de pesticides ou de l’implantation de zones naturalisées. Les mesures mentionnées dans le plan de réduction devraient être adaptées aux situations particulières rencontrées sur le terrain de golf et le lieu où elles seront mises en œuvre sur le parcours devrait être précisément indiqué.

6. Un bilan des résultats atteints en regard du plan de réduction établi pour les trois années antérieures, la justification de ces résultats et les correctifs à apporter aux mesures prises, le cas échéant :

Dans une démarche logique, on devrait faire le bilan annuellement afin de pouvoir ajuster, modifier ou conserver les moyens choisis pour réduire l’usage des pesticides sur le terrain. Les données obtenues doivent être analysées en vue de réévaluer la stratégie d’intervention, toujours dans l’optique de diminuer l’utilisation des pesticides. Le dépistage des organismes nuisibles, l’adaptation des modes d’intervention et l’évaluation des résultats devraient permettre de respecter les engagements de réduction. De plus, la compilation des résultats peut permettre de justifier d’éventuelles fluctuations dans les quantités de pesticides utilisées.

7. La signature de l’agronome, membre de l’Ordre des agronomes du Québec (OAQ), qui a rédigé le plan :

L'agronome engage sa responsabilité professionnelle et déclare qu'il a respecté les règles de l'art en élaborant ses recommandations et en signant le document. Une grille de référence pour la préparation et le suivi d'un plan de réduction des pesticides sur les terrains de golf, réalisé à l'intention des agronomes, est rendue disponible par l’OAQ à cet effet. Le propriétaire ou le gestionnaire du terrain de golf, quant à lui, est responsable du suivi des recommandations de l'agronome.

Lutte intégrée sur un terrain de golf

La lutte intégrée, une approche basée sur l’adoption de méthodes préventives des infestations par les organismes nuisibles, permet de réduire l’exposition des personnes aux pesticides et d’en restreindre l’utilisation, ces produits étant utilisés en dernier recours. Il s’agit de la combinaison la plus appropriée de divers moyens permettant de maintenir l’activité d’une population d’organismes nuisibles sous un niveau tolérable. Le recours à cette approche dans l’écosystème d’un terrain de golf repose sur une connaissance approfondie des facteurs responsables du développement des organismes nuisibles qu’on peut y trouver.

Cette approche fait appel à des méthodes dynamiques et ses méthodes évoluent à mesure que s’approfondit notre connaissance de l’écosystème du terrain de golf et de la biologie des organismes nuisibles et utiles. L’approche doit également s’adapter aux nouveaux problèmes et aux stress biotiques (relatifs aux être vivants) et abiotiques (relatifs aux éléments physicochimiques du milieu) qui surviennent périodiquement.

La lutte intégrée s’inscrit dans une démarche préventive plutôt qu’en réaction à un problème particulier. Cette approche ne se limite donc pas au remplacement des pesticides chimiques par des pesticides moins nocifs. En fait, la substitution d’un pesticide par un autre, qui exige une dose d’application moindre pour une même superficie traitée, ne devrait être retenue que si ce pesticide a une toxicité (aiguë - chronique) et des impacts sur l’environnement (abeilles, faune aquatique, aviaire, terrestre, etc.) plus faibles.

Un programme de lutte intégrée est basé sur :

  1. L’historique du terrain;
  2. Le dépistage des organismes nuisibles;
  3. Les modes d’intervention;
  4. L’évaluation des résultats.

1. Historique du terrain

L’historique du terrain (tertres, allées, verts, herbes longues, trappes de sable, etc.) permet de mieux cerner les différents problèmes qui y sont liés. Il peut être décrit dans un document contenant :

  • L’inventaire des espèces de gazon, le type de sol et l’âge des parcours (ex. : parcours restauré);
  • La description des pratiques culturales actuelles (fertilisation, tonte, terreautage, irrigation, etc.);
  • La description des problèmes parasitaires rencontrés, leur localisation et leur étendue et la description des interventions particulières effectuées pour les contrôler;
  • La description des problèmes abiotiques (pression de piétinement, qualité de l’eau d’irrigation, dommages hivernaux, etc.) et celle des interventions effectuées (drainage, paillis de protection hivernale, etc.).

2. Dépistage des organismes nuisibles

Le dépistage consiste à effectuer des inspections régulières afin de déterminer la présence des organismes nuisibles et l’importance des dommages causés par ces derniers. Il permet de justifier une intervention. Les données de dépistage devraient être compilées dans un document contenant les informations suivantes :

  • La description des mesures de dépistage, leur fréquence et les seuils d’intervention (seuils à partir desquels un traitement est considéré comme souhaitable);
  • L’identification des organismes nuisibles (avec une note particulière lorsqu’il s’agit d’un nouvel organisme);
  • L’évaluation de l’importance des dommages pour chacun des organismes nuisibles.

3. Modes d’intervention

L’intervention devrait être choisie en fonction de l’analyse des données obtenues, de façon à cibler les organismes qui nécessitent des mesures de contrôle et à déterminer celles qui sont les plus réalistes, ceci dans l’optique d’atteindre les objectifs du plan de réduction. D’emblée, l’adaptation de certaines pratiques peut permettre de réduire l’utilisation des pesticides sur les terrains de golf. En voici quelques exemples :

  • Augmenter la hauteur de tonte et réduire les fréquences de tonte (une campagne de sensibilisation peut être nécessaire pour que les golfeurs acceptent ces nouveaux standards de jeu);
  • Utiliser des semences de haute qualité et des variétés résistantes aux maladies et adaptées aux conditions climatiques;
  • Aérer le sol, pour éviter la compaction et un assèchement trop important;
  • Privilégier un bon drainage;
  • Utiliser des clôtures pour accumuler la neige et pour prévenir les dommages causés par les conditions hivernales;
  • Installer une couverture protectrice avec des bouches d’aération sur les verts et les tertres durant la saison hivernale;
  • S’assurer que les lames des tondeuses sont bien aiguisées en tout temps et les nettoyer fréquemment afin de prévenir la dispersion des maladies;
  • Établir un programme d’irrigation afin qu’elle se fasse tôt le matin;
  • Permettre une bonne circulation de l’air et minimiser l’ombre sur les surfaces susceptibles aux maladies en taillant les branches des arbres et des arbustes adjacents;
  • Arracher les mauvaises herbes à la main sur les petites surfaces;
  • Entretenir les trappes de sable mécaniquement;
  • Limiter l’application des pesticides aux zones affectées (faire des applications localisées).

4. Évaluation des résultats

Le suivi des résultats doit comporter un dépistage. En effet, cela permet de confirmer si l’organisme indésirable visé par les interventions est toujours présent et d’évaluer les résultats obtenus. Dans le cas où de nouvelles interventions sont nécessaires, celles-ci devront alors être adaptées aux nouvelles observations documentées. L’évaluation des résultats est essentielle pour justifier les fluctuations dans l’utilisation des pesticides.

Pour connaître les exigences du Code de gestion des pesticides relatives aux terrains de golf, veuillez consulter le Feuillet 9 – Espace vert, gestion parasitaire et terrain de golf.