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Communiqué de presse

Le gouvernement du Québec répond aux demandes de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine concernant la chasse aux phoques à l’île Brion

Québec, le 21 octobre 2020. Le gouvernement du Québec a débuté l’acquisition de connaissances sur la flore et les habitats d’oiseaux de la réserve écologique de l’Île-Brion, aux Îles-de-la-Madeleine, et autorisera une chasse structurée aux phoques gris sur une partie de l’île. Cette chasse fera l’objet d’observations scientifiques universitaires dès l’hiver 2021. La ministre déléguée au Développement économique régional et ministre responsable des régions de la Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, Marie-Eve Proulx, en a fait l’annonce aujourd’hui au nom du ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et ministre responsable de la région de Laval, M. Benoit Charette.
 
La chasse, qui ne sera autorisée que sur une section limitée de la plage de l’île Brion, sera ainsi complémentaire au projet de recherche mené par Stéphane Boudreau de l’Université Laval visant à documenter les impacts potentiels de la taille croissante de la colonie de phoques gris de l’île sur la faune et la flore, dont certaines espèces sont menacées ou vulnérables. Pour faire suite aux propos du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), soulignant qu’un engagement significatif des communautés locales favoriserait l’atteinte des objectifs de conservation, les modalités de cette chasse, qui pourrait débuter dès l’hiver 2021, seront déterminées en collaboration avec les acteurs locaux concernés.
 
La protection des écosystèmes dunaires : une priorité
 
Les données recueillies depuis l’automne 2019 et lors des années subséquentes serviront à déterminer les conditions dans lesquelles pourrait être permise une chasse hivernale durable, qui donnerait accès à une ressource naturelle renouvelable aux Madelinots tout en assurant que la protection de la biodiversité demeurerait l’objectif principal sur ce territoire. C’est dans cette optique que des démarches seront entreprises pour retirer une section de plage des limites de la réserve écologique. La superficie retirée ainsi que la partie hors réserve de l’île Brion deviendront un milieu naturel désigné par un plan, où seules les activités éducatives et de chasse aux phoques seront permises, ainsi que les activités récréatives à faible impact sur les écosystèmes.
 
Depuis 2019, plusieurs actions ont été réalisées par le gouvernement du Québec pour assurer une bonne gestion de l’île Brion et répondre, ainsi, aux demandes de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine. À deux occasions, une équipe du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) s’est déplacée sur l’île Brion afin de réaliser des travaux de nettoyage, de mettre à jour la signalisation et d’acquérir des connaissances. Sur ce dernier point, Attention FragÎles, l’Université Laval et l’Université du Québec à Rimouski collaborent avec le MELCC pour améliorer les connaissances acquises sur ce joyau.
 
Citations :
 
« Ce projet de recherche universitaire nous permettra de parfaire nos connaissances sur les meilleurs moyens à prendre pour la conservation de la biodiversité et des écosystèmes de l’île Brion, compte tenu de la taille croissante de la colonie de phoques gris autour de l’île. Par ailleurs, la partie ouest de l’île sera le premier milieu naturel désigné par un plan en vertu de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel. Nous mettrons les mesures adéquates sur pied pour faire cohabiter la protection des espèces qui se trouvent dans cette zone et la chasse aux phoques, à certaines conditions. Cette décision démontre qu’il est possible de concilier la protection de l’environnement et une utilisation durable des ressources naturelles renouvelables, notamment dans un milieu insulaire qui dépend de la mer. Au final, c’est par l’implication des communautés locales et leur engagement que nous obtiendrons une meilleure gestion et l’atteinte des objectifs de conservation. »
 
Benoit Charette, ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et ministre responsable de la région de Laval 
 
« Cette première chasse sous observation est une occasion de concilier la chasse aux phoques et la protection de l’île Brion. Cela permettra, à terme, une pratique plus sécuritaire et aura un impact économique véritable. Ce sont des décisions comme celle-là qui permettent de créer des emplois et de combiner développement économique et développement durable. »
 
Marie-Eve Proulx, ministre déléguée au Développement économique régional et ministre responsable des régions de la Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine 
 
« La mobilisation et le consensus partagé par les intervenants locaux (organismes environnementaux, pêcheurs, chasseurs et citoyens) à l'égard de ce dossier ont été entendus par le gouvernement, et je me réjouis de ce dénouement. Pour la collectivité des Îles-de-la-Madeleine, le secteur de l’île Brion constitue un lieu d’une valeur inestimable, et nous saurons concilier protection des écosystèmes fragiles de l’île Brion et chasse sous observation aux phoques gris pour enfin connaître les impacts potentiels de la croissance de la colonie de phoques sur la faune et la flore de ce territoire si vulnérable. Cette ouverture de la part du gouvernement du Québec nous laisse entrevoir une collaboration similaire dans le dossier de l’aire marine protégée. »
 
Jonathan Lapierre, président de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine 
 
« Attention FragÎles reconnaît les efforts démontrés au cours de la dernière année par le MELCC pour améliorer la gestion et la conservation de l’île Brion, notamment par le travail amorcé avec les partenaires en ce qui concerne les infrastructures, le programme éducatif et l'acquisition de connaissances. La décision du Ministère d'autoriser une chasse structurée en période hivernale dans une portion de l’île répond également aux préoccupations et aux demandes de la communauté. Nous sommes d’avis que la mise sur pied de mesures d’encadrement et de suivi de cette chasse ainsi que d’un plan pour encadrer les activités dans les milieux désignés hors réserve de l’île sont des conditions favorables essentielles pour assurer la conservation de la biodiversité et de ces écosystèmes ainsi que la conciliation des usages à faible impact qui y seront autorisés. »
 
Marie-Ève Giroux, directrice générale, Attention FragÎles   
 
« La réserve écologique de l’Île-Brion est un territoire où la dynamique naturelle des écosystèmes est privilégiée depuis plus de 30 ans. Ayant peu subi les impacts de l’activité humaine, elle abrite des espèces floristiques et aviaires menacées ou vulnérables, notamment dans les écosystèmes dunaires, pour lesquelles peu de données existent sur les impacts de l’augmentation de la population de phoques gris. Notre projet de recherche vise à documenter l'impact du phoque gris, ainsi que celui de la chasse commerciale, sur l'intégrité écologique de l'île Brion. »
 
Stéphane Boudreau, professeur titulaire au Département de biologie et membre régulier du Centre d’études nordiques, Université Laval
 
Faits saillants :
  • La réserve écologique de l’Île-Brion a été créée en 1988 pour protéger, sur 95 % de sa superficie, des écosystèmes représentatifs de l’archipel des îles de la Madeleine et exceptionnels à l’échelle du Québec. La faune et la flore qu’on y trouve justifient sa protection.
  • Il n’est pas possible de circuler dans une réserve écologique à moins d’obtenir une autorisation du MELCC. Une petite partie à l’ouest de l’île Brion est exclue des délimitations de la réserve écologique et demeure donc accessible au grand public.
  • L’île présente un attrait particulier pour l’observation des oiseaux rares ou menacés et pour celle des grandes colonies d’oiseaux marins. Un total de 166 espèces peuvent y être observées.
  • La consultation publique sur les demandes de la Communauté maritime (constituée de la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine et de la Municipalité de Grosse-Île) a été tenue par le BAPE à l’automne 2018. À la demande du MELCC, elle visait à évaluer les impacts de la demande de la Communauté maritime de moduler le statut de protection de l’île Brion afin de permettre la chasse commerciale aux phoques gris dans une partie de la réserve écologique.
  • Les données de Pêches et Océans Canada (MPO) présentées dans le cadre de la consultation du BAPE ont démontré que l’augmentation des phoques gris influence les stocks de poissons.
  • En plus de cette première recherche sur l’impact des phoques gris sur les écosystèmes dunaires, réalisée avec l’Université Laval, une deuxième recherche est prévue avec l’Université du Québec à Rimouski. Les chercheurs se pencheront sur la dynamique morphologique côtière.
  • Un comité de gestion composé de représentants du MELCC et de la Communauté maritime a été créé afin de discuter des besoins en infrastructures et en transport ainsi que de la relance du programme éducatif.
  • Des investissements pouvant atteindre 500 000 $ dans les infrastructures de l’île Brion et 30 000 $ dans la relance du programme éducatif avaient été annoncés en août 2018. Un comité de gestion conjoint voit à mettre en œuvre ces engagements.
 
Liens connexes :
 
Pour en savoir plus sur l’île Brion :
www.attentionfragiles.org/docs/fichiers/ilebrion_web_page.pdf.
 
Pour en savoir plus sur le rapport du BAPE :
www.bape.gouv.qc.ca/fr/dossiers/consultation-publique-reserve-ecologique-ile-brion-iles-de-la-madeleine/.
 
Pour en savoir plus sur le réseau d’aires protégées québécois : www.environnement.gouv.qc.ca/biodiversite/aires_protegees/registre/.
 
 
 
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SOURCE :

Geneviève Richard
Attachée de presse
Cabinet du ministre
de l'Environnement et de la Lutte
contre les changements climatiques
418 952-6352

INFORMATION :

Relations avec les médias
Ministère de l’Environnement
et de la Lutte contre les changements climatiques
418 521-3991

 

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