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Faits saillants

2019 : inondations et sécheresse marquent la 22e année consécutive plus chaude que le siècle dernier au Québec

2019 a été la 25e année la plus chaude en 105 ans au Québec et la 22e année consécutive à présenter une température moyenne plus chaude que la normale du 20e siècle tant au sud de la province qu’à l’échelle du Québec, un record hors du commun. L’année 2019 a été 0,3 °C plus chaude que la normale de 1981-2010 et 0,8 °C plus chaude que la normale du 20e siècle au Québec. Au sud, l’année la plus froide en 16 ans a malgré tout été la 48e plus chaude en 105 ans d’observations, et cette séquence s’est poursuivie en dépit d’une température moyenne annuelle 0,4 °C sous la normale de 1981-2010, qui a tout de même été 0,3 °C plus élevée que la normale du 20e siècle. Ce régime thermique au sud de la province a été semblable ou même supérieur à celui observé au centre et à l’est de l’Amérique du Nord. La température au nord du Québec a été plus près de la réalité mondiale avec une anomalie plus importante, de 1,3 °C par rapport au 20e siècle et de 0,9 °C en comparaison de 1981-2010. 2019 a été la deuxième année la plus chaude à l’échelle mondiale en 140 ans, 0,04 °C derrière 2016. Le nord et le sud de la province se sont ainsi échangé leur rôle de l’année dernière. Au Québec, les précipitations ont été près (795 mm, -18 mm, 95 %) de la normale de 1981-2010.

Année 2019 en chiffres
22e  année consécutive plus chaude que la normale du 20e siècle au sud du Québec et à l’échelle de la province
17  années de plus que la deuxième plus longue séquence au sud du Québec et à l’échelle de la province
0,3  °C de plus que la température moyenne normale du 20e siècle au sud du Québec
0,8  °C de plus que la température moyenne normale du 20e siècle à l’échelle du Québec
1,3  °C de plus que la température moyenne normale du 20e siècle au nord du Québec
101  % du total de degrés-jours de chauffage normal de 1981-2010 au sud du Québec
98  % du total de degrés-jours de croissance normal de 1981-2010 au sud du Québec
98  % du total de degrés-jours de climatisation normal de 1981-2010 au sud du Québec
81  cm de neige de plus que la normale de 1981-2010 au sud du Québec, avec 340 cm
17  mm de pluie de moins que la normale de 1981-2010 au sud du Québec, avec 684 mm

Sud du Québec
Même si juillet a été le huitième mois le plus chaud en plus de cent ans, cela n’a pas suffi à laisser une impression de chaleur cette année, l’été étant la seule saison en 2019 à présenter une température au-dessus de la normale de 1981-2010, un scénario similaire à celui de 2018. Dix-neuf (19) des 20 plus fortes anomalies quotidiennes de 2019 ont eu lieu en janvier, février, mars et décembre, les mois les plus froids de l’année, et ont été contrebalancées par 15 des 20 plus fortes anomalies négatives de l’année lors de ces mêmes mois, qui ne riment pas avec chaleur au Québec. Le neuvième mois d’avril consécutif sous la normale et un mois de mai froid ont retardé le retour de la chaleur et la fonte printanière, provoquant, avec de fortes pluies, un apport en eau record et des inondations pires qu’en 2017 au sud-ouest du Québec. La saison froide n’a pas haussé le nombre de degrés-jours de gel ni nécessité de chauffage supplémentaire, tout comme la chaleur estivale n’a pas requis de climatisation additionnelle. L’été a fourni 98 % des degrés-jours de croissance, malgré une saison raccourcie de 11 jours, et ne s’est pas attardé cette année, avec un premier mois de septembre sous la normale en 13 ans. Octobre a été doux pour une quinzième reprise en vingt ans, bien que marqué par des pluies diluviennes et des vents violents à l’Halloween, suivis de près par une tempête de neige hâtive lors du huitième mois de novembre le plus froid des 90 dernières années, qui a précipité le retour de l’hiver. Les précipitations ont été au-dessus (1 030 mm, +47 mm, 105 %) de la normale de 1981-2010, avec un hiver plus neigeux, un printemps plus pluvieux et un été plus sec, avant un automne près des normales. Les inondations, glissements de terrain et problèmes en agriculture liés à l’humidité excessive des sols ont ainsi fait place à un état de sécheresse.

Nord du Québec
En 2019, tous les mois ont été plus doux que la normale de 1981-2010 dans la portion nordique du territoire québécois, excepté avril qui s’en est approché à 0,2 °C. C’était tout l’inverse de 2018. L’hiver et le printemps plus doux (anomalies de 1,0 et 0,3 °C) ont laissé un peu moins de neige et plus de pluie que la normale de janvier à mai, le déficit de l’un compensant l’excès de l’autre. L’été a été plus chaud (anomalie de 1,1 °C) que la normale, particulièrement à la fin août, où on enregistre une anomalie moyenne de 8,9 °C le jour, du 26 au 28. Le maximum moyen quotidien le plus élevé au Québec en 2019 (24,5 °C) a d’ailleurs été atteint tardivement, le 26 août, en raison de ces chaleurs exceptionnelles au nord. Juillet a amené près du double de la pluie normale, août la moitié de cette normale et septembre les trois-quarts. Octobre n’a laissé que 30 % de la neige normale et 60 % des précipitations totales normales, à l’image de novembre (56 %), lors d’un automne doux (anomalie de 1,2 °C), exceptionnellement en octobre (anomalie de 2,7 °C). Malgré un total de précipitations annuel largement sous la normale (551 mm, -98 mm, 84 %) et des températures moyennes très douces (anomalie de 2,4 °C) en décembre, la neige abondante de ce dernier mois (138 %) a laissé un couvert de neige plus épais que la normale à la fin de 2019.

Chronologie des événements

* À moins de mention contraire, les comparaisons aux normales de la chronologie font référence à la normale de 1981-2010.

En janvier et février, contrairement au scénario vécu au nord de la province, la neige abondante, le froid anormal et la pluie verglaçante ont affecté le sud du Québec, si bien qu’à la fin février, le contenu en eau du couvert de neige y était le plus important depuis 1977. Celui-ci s’est ensuite retrouvé à la fin mars au troisième rang des plus chargés en eau en 57 ans, derrière celui de 1972 et près de celui de 2008, avec des surplus particulièrement importants au sud-ouest du Québec. Le cinquième mois de mars plus froid que la normale en six ans a laissé jusqu’au double de la neige normale par endroits en Outaouais, au Centre-du-Québec et en Estrie, et le couvert de neige s’en est trouvé renouvelé en même temps qu’il amorçait sa transformation printanière.

Un neuvième avril consécutif sous la normale a retardé la fonte printanière pour une troisième fois en quatre ans au sud de la province. Lorsqu’elle s’est finalement accélérée, lors des deux dernières semaines d’avril, des pluies record se sont ajoutées à la fonte en Beauce, en Outaouais, dans les Laurentides et au Témiscamingue, exacerbant des inondations déjà pires qu’en 2017, alors que les deux-tiers de la fonte restaient à venir. Le couvert nival le plus chargé en eau depuis au moins 1963 à la fin avril annonçait une fonte record en mai, un autre mois qui s’est avéré froid. La décrue très lente a prolongé les inondations en cours, accrues par le troisième plus important total de pluie reçu en 40 ans par endroits de Gatineau à l’Estrie dans la première moitié de mai. Du 1er avril au 15 mai, l’apport en eau total record de 433 mm a transité par le bassin de la rivière des Outaouais, les précipitations et la fonte du couvert nival excédant de 191 mm la normale et de 35 et 13 mm les précédents maximums de 1974 et 2017. Son écoulement se faisait au ralenti vers le Saint-Laurent, lui aussi saturé par un apport record en provenance de ses tributaires du sud-ouest. De la Montérégie à l’Estrie, les 348 mm reçus ont surpassé de 157 mm la normale et de 8 mm le précédent record de 2011 (inondation de la rivière Richelieu). En Beauce, une inondation centenaire a été causée par l’apport de 453 mm dans la rivière Chaudière, supérieur de 186 mm à la normale et de 22 mm au précédent record de 1974. De Lanaudière à Charlevoix, l’apport en eau de 500 mm, 179 mm de plus que la normale, a été inférieur de 31 mm au record de 2017. En moyenne au sud du Québec, l’apport en eau total s’est élevé à 99 % du record de 1974, surpassant de 11 mm le total de 2017, un troisième apport en eau exceptionnel consécutif.

En juin, l’humidité excessive du sol, causée par les précipitations mensuelles et annuelles excédant la normale de 50 % dans la plupart des régions du sud, a préoccupé les agriculteurs et favorisé des glissements de terrain. C’était tout le contraire au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, qui ont reçu 60 % des pluies normales en deux mois par endroits. Juin a été plus froid que la normale au sud de la province, comme les cinq précédents mois de 2019. Juillet, huitième mois le plus chaud en plus de cent ans et deuxième juillet de suite parmi les dix mois les plus chauds au sud du Québec, a asséché le sol par sa chaleur, le privant aussi d’un tiers de la pluie mensuelle normale. L’état de sécheresse d’anormale à modérée observé dans l’est en juin s’est maintenu, une répétition de 2017 et 2018. La séquence juillet-août a été la treizième plus chaude en plus de cent ans au sud, à 1,0 °C du record de 2018, pour faire de l’été la première saison plus chaude que la normale en 2019. La période de mai à août n’a apporté que 60 à 80 % des pluies normales dans l’est du Québec et par endroits au Témiscamingue, en Outaouais, dans les Laurentides, en Montérégie, au Centre-du-Québec et en Estrie. L’été a aussi parfois donné lieu à du temps violent, dont quatre tornades et quelques épisodes de grêle. Au nord du Québec, l’été a été 1,1 °C plus chaud que la normale.

Un premier mois de septembre plus frais que la normale en 13 ans a mis fin abruptement à l’été au sud de la province. Un surplus de 40 à 100 % de la pluie normale par endroits au Témiscamingue, au nord de l’Outaouais, des Laurentides, de Lanaudière et de la Mauricie, de même qu’au Saguenay, en Estrie et en Gaspésie, a amélioré les conditions de sécheresse, qui ont plutôt été aggravées au sud de ces régions, qui affichaient un déficit de 20 à 50 %. La tempête de l’Halloween a assombri un quinzième octobre doux en 20 ans au sud de la province et repoussé la cueillette de bonbons de nombreux petits monstres. Pluies diluviennes et vents violents ont mené à un total mensuel de pluie record sur Montréal, la Montérégie et l’Estrie, et de plus du double de la normale en Beauce et en Outaouais, entraînant des inondations, un nombre quasi inédit de pannes de courant, d’importants retards dans les transports et deux décès. Le premier gel automnal est arrivé deux semaines plus tôt que la normale et dès septembre par endroits, mais deux semaines plus tard à d’autres, pour une moyenne d’un peu plus d’une journée d’avance au sud de la province. Le huitième mois de novembre le plus froid en 90 ans au sud de la province, mais le plus froid en 83 ans à Montréal, en Montérégie, en Estrie et au sud des Laurentides, était le troisième mois de novembre consécutif et le cinquième en sept ans sous la normale, mais seulement le septième en 22 ans. La tempête de neige des 11 et 12 n’a été ni la plus hâtive ni la plus abondante à cette période, mais elle restera tout de même mémorable puisque le froid anormal a exceptionnellement conservé la neige au sol jusqu’à la fin du mois, causant des défis aux agriculteurs et endommageant leurs cultures. Quatre fois plus de neige que de pluie est tombée au sud du Québec, malgré un déficit de 26 % des précipitations normales. L’automne a été 1,2 °C plus doux que la normale au nord du Québec, où l’état de sécheresse persistait.

Décembre a offert la moitié des dix jours les plus anormalement doux de l’année au sud de la province. Le couvert de neige était présent partout au Québec lors du passage au Nouvel An. Il était moins épais que la normale dans la plupart des régions en raison de la douceur, mais plus épais dans d’autres où la neige a tout de même été abondante, de sorte que le total mensuel de neige et l’épaisseur du couvert nival ont atteint la normale, en moyenne, au sud du Québec. Noël a aussi été blanc dans la plupart des régions du Québec, sauf à Montréal, en Montérégie, au Centre-du-Québec et par endroits en Estrie, où le couvert de neige apparu hâtivement à la suite de la tempête de neige automnale de novembre a disparu le 23 en raison de la douceur. Au nord du Québec, l’écart à la normale a été de 2,4 °C et le total de neige a surpassé de 34 % la normale.

2019 : les 10 événements climatiques les plus marquants au Québec

Voici un classement des événements climatiques les plus marquants en 2019 au Québec :

  1. L’apport en eau total record sur le bassin de la rivière des Outaouais du 1er avril au 15 mai, soit 433 mm, excédant de 191 mm la normale et de 35 et 13 mm les précédents maximums de 1974 et 2017 et causant des inondations pires que lors de ces années;
  2. L’inondation centenaire de la rivière Chaudière, qui est sortie de son lit pour une seconde fois en six mois en octobre;
  3. La tempête de l’Halloween, dont les pluies intenses et les vents violents ont occasionné de nombreux dégâts et repoussé exceptionnellement à novembre la cueillette de bonbons de nombreux petits monstres et masqué le climat d’octobre;
  4. L’état de sécheresse d’anormale à modérée durant l’été, une répétition de 2017 et 2018 dans l’est;
  5. Les quatre tornades qui ont touché le Québec, dont deux de force EF1 à Saint-Roch-de-l’Achigan et Mont-Laurier;
  6. Juillet, le huitième mois le plus chaud en plus de cent ans et deuxième juillet de suite parmi les dix mois les plus chauds, au sud du Québec;
  7. Le mois de novembre le plus froid en 83 ans à Montréal, en Montérégie, en Estrie et au sud des Laurentides;
  8. La tempête de neige de novembre au sud de la province, pas la plus hâtive ni la plus abondante à cette période, mais qui est restée au sol tout le mois en raison du froid anormal;
  9. Le temps des Fêtes exceptionnellement doux, qui a offert quatre des dix plus importantes anomalies quotidiennes de l’année en neuf jours et une anomalie moyenne de 7,5 °C lors des cinq derniers jours de 2019;
  10. Onze mois sur douze au nord du Québec au-dessus de la normale de température de 1981-2010.

La présente analyse est basée sur les observations climatiques faites aux stations de surface de référence du Québec depuis 1915 et homogénéisées depuis 1960.

 


Sommaire annuel géostatistique pour le Québec

Région Température Précipitation
Neige Pluie Totale
Moyenne
(°C)
Anomalie
(°C)
Moyenne
(mm)
Anomalie
(mm)
Moyenne
(mm)
Anomalie
(mm)
Moyen
(mm)
Anomalie
(mm)
Saint-Laurent sud-ouest
Montérégie,
Centre-du-Québec, Estrie
5,5 -0,4 276 49 939 63 1 221 115
Outaouais et Montréal
Témiscamingue, Outaouais, Laurentides
3,1 -0,7 302 100 749 75 1 044 146
Saint-Laurent nord-ouest
Lanaudière, Mauricie,
Capitale-Nationale
2,1 -0,7 335 78 762 -8 1 113 54
Saint-Laurent sud-est
Chaudière-Appalaches,
Bas-St-Laurent, Gaspésie (nord)
3,2 -0,4 392 101 785 -9 1 183 84
Baie-des-Chaleurs et Percé
Bas-St-Laurent (sud), Gaspésie (sud)
2,6 -0,5 420 109 768 -5 1 187 105
Saguenay–Lac-Saint-Jean 0,0 -0,7 362 83 631 -28 1 005 38
Côte-Nord -0,6 0,2 340 56 652 -44 995 -18
* Sud du Québec 0,9 -0,4 340 81 684 -17 1 030 47
Nord-du-Québec -0,4 0,9 203 -56 345 -39 551 -98
* Au Québec -1,5 0,3 277 22 515 -31 795 -18

1 Les anomalies sont basées sur la normale de la période 1981-2010.

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