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Feux de forêt

Les feux de forêt marquent l’imaginaire collectif par l’ampleur de la destruction que peuvent engendrer certains d’entre eux. Au-delà des ravages qu’ils peuvent causer sur d’immenses superficies, ces incendies affectent aussi la qualité de l’air ambiant de façon significative.

Incendie à Labrieville au Québec en 2018 (Source : SOPFEU)Incendie à Labrieville au Québec en 2018 (Source : SOPFEU)

Les feux de forêt au Québec

La fumée dégagée par les feux de forêt est composée de différents polluants qui ont un impact direct sur la qualité de l’air ambiant. Certains polluants associés à ces brasiers peuvent être transportés sur de grandes distances en fonction des conditions météorologiques, comme le démontre l’image satellitaire suivante, prise le 7 juillet 2002 par la NASA.

Image satellitaire du 7 juillet 2002 montrant les panaches de fumée de feux de forêt (points rouges) au Québec se dirigeant vers les États-Unis (Source : NASA Earth Observatory) Image satellitaire du 7 juillet 2002 montrant les panaches de fumée de feux de forêt (points rouges) au Québec se dirigeant vers les États-Unis (Source : NASA Earth Observatory)

Au Québec, quelques centaines d’incendies sont recensés chaque année. C’est la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) qui a la mission d’optimiser la protection des forêts contre les incendies en vue d’assurer la pérennité du milieu forestier québécois. Au cours d’une année, ce sont les mois de mai, juin, juillet et août qui présentent le nombre d’incendies et les superficies affectées par les feux de forêt les plus élevés au Québec. Pour plus de détails concernant les mesures préventives à adopter pour réduire l’occurrence des feux de forêt, consultez le site Web de la SOPFEU.  

Effets de la fumée sur la santé

Incendie à Labrieville au Québec en 2018 (Source : SOPFEU)

Plusieurs des polluants émis lors des incendies de forêt peuvent avoir des effets néfastes sur la santé. Selon Santé Canada, les effets de ces différents polluants peuvent être amplifiés chez les personnes vulnérables comme les personnes âgées, les enfants et celles souffrant d’asthme et de problèmes cardiaques. Le tableau 1 ci-dessous énumère ces polluants et leurs effets potentiels.

Tableau 1 : Effets de différents polluants associés aux émissions des feux de forêt

Polluant Abréviation Effets
Particules fines PM2,5 Peuvent affecter les systèmes respiratoire et cardiovasculaire (irritation, inflammation, arythmie, etc.)1.
Carbone noir C noir Peut affecter les systèmes respiratoire et cardiovasculaire, en plus d’être associé à certains cas de cancer2.

Oxydes d’azote

NOX  Peuvent causer de l’inflammation pulmonaire et augmenter certains symptômes respiratoires1.

Monoxyde de carbone

CO Peut causer des maux de tête, des étourdissements, des nausées, une aggravation des symptômes cardiaques et une baisse de la performance athlétique1.
Hydrocarbures aromatiques polycycliques HAP Certains HAP sont considérés comme mutagènes ou cancérigènes3.

Composés organiques volatils

COV Peuvent causer une irritation des voies respiratoires, des maux de tête et des nausées. Certains COV sont aussi cancérigènes4.
Dioxines et furanes PCDD/PCDF Sont des cancérigènes probables5.
1- INSPQ
2- EPA – Black Carbon research
3- EPA – PAHs Factsheets
4- EPA - VOC
5- EPA – Dioxins and furans

Suivi

Au Québec, le suivi des concentrations de polluants liés aux émissions des feux de forêt est effectué à l’aide des données recueillies par le Réseau de surveillance de la qualité de l’air du Québec (RSQAQ). Le RSQAQ mesure la qualité de l’air ambiant à une soixantaine de stations réparties sur le territoire québécois.

Certains polluants, comme les PM2,5, le C noir, les NOX et le CO, sont mesurés de manière continue, c’est-à-dire que des données sont produites toutes les heures. D’autres polluants sont mesurés de façon séquentielle, c’est-à-dire que les mesures sont prises selon une durée définie, habituellement 24 heures, et à une fréquence d’échantillonnage prédéterminée, habituellement tous les six jours.

Pour de plus amples informations sur le RSQAQ, veuillez consulter la page Web du RSQAQ.

Pour signaler un incendie, vous pouvez contacter la SOPFEU en tout temps au 1-800-463-FEUX (3389). Pour toute urgence, vous pouvez aussi contacter le service d’incendie de votre localité, le 911 ou la Sûreté du Québec.

La visibilité est très réduite à Québec le 30 mai 2010 à cause de la fumée des feux de forêt touchant la Haute‑Mauricie. Sur la photo, il est possible de distinguer le Concorde et l’édifice Marie‑Guyart.
(Source : MELCC)

Impact des feux de forêt – Cas de l’été 2010

Les conditions météorologiques hors du commun enregistrées au printemps 2010, dont la présence de foudre et de forts vents, ont favorisé l’éclosion de nombreux incendies de forêt, affectant des superficies de près de 181 000 hectares au mois de mai et de 42 000 hectares au mois de juin (SOPFEU/statistiques). Ces incendies ont principalement touché le secteur de la Haute-Mauricie, où l’on trouvait 68 % des superficies brûlées durant la saison (SOPFEU/bilan/2018). Les données de particules fines (PM2,5) mesurées par le RSQAQ ont entre autres permis d’analyser l’impact de ces émissions sur la qualité de l’air à cinq stations de mesure : une en Haute-Mauricie (Lac‑Édouard), une à Québec (Collège Saint‑Charles‑Garnier), une à Trois‑Rivières (des Ursulines), une à Sherbrooke (parc Cambron) et une à Longueuil. La figure 1 illustre les résultats obtenus.

Figure 1 : Concentrations moyennes quotidiennes de PM2,5 mesurées en mai et juin 2010 à cinq stations de mesure situées dans la ville de Québec, en Haute-Mauricie, à Trois-Rivières, Sherbrooke et Longueuil. La ligne pointillée représente la norme quotidienne du Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère pour les PM2,5, soit 30 microgrammes par mètre cube (µg/m3).

 

Deux périodes de dépassement de la norme quotidienne des PM2,5 du Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère sont observées à la figure 1, dont une à la fin du mois de mai et une à la mi-juin. Ces pointes de pollution sont directement liées aux émissions des feux de forêt du printemps 2010.

La figure 2 illustre les concentrations horaires de PM2,5 mesurées entre le 29 mai et le 1er juin 2010, soit durant le premier épisode de dépassement de la norme des PM2,5 illustré à la figure 1. Il est possible d’observer une augmentation des concentrations de PM2,5 touchant d’abord la station située en Haute-Mauricie, puis, dans l’ordre, celles de Québec, Trois-Rivières, Sherbrooke et Longueuil. Ces résultats démontrent l’influence des feux de forêt sur la qualité de l’air à mesure que le panache de fumée se déplaçait. Les mesures de PM2,5 ont même atteint plus de 400 µg/m3 à Trois-Rivières et plus de 300 µg/m3 à Québec et ce, même à plus de 200 kilomètres du foyer des incendies. 

Figure 2 : Concentrations horaires de PM2,5 mesurées entre le 29 mai et le 1er juin 2010 durant un épisode de forte pollution par la fumée de feux de forêt à des stations de mesure situées dans la ville de Québec, en Haute-Mauricie, à Trois-Rivières, Sherbrooke et Longueuil. Les concentrations sont données en microgrammes par mètre cube (µg/m3).

Les résultats illustrés par les figures 1 et 2 démontrent l’utilité des stations de mesure du RSQAQ pour évaluer l’impact des feux de forêt sur la qualité de l’air. Bien que tous les feux de forêt n’aient pas des effets aussi importants que ceux du printemps 2010, il n’en demeure pas moins qu’ils ont tous un impact sur la qualité de l’air.